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L’excitation

L’excitation. C’est le sentiment qui était le mien lorsque je fus témoin pour la première fois du passage d’une masse critique

LS
Louis SaixMembre de Masse Critique
3 min
2 mars 2026

L’excitation. C’est le sentiment qui était le mien lorsque je fus témoin pour la première fois du passage d’une masse critique, accompagné du chant des sonnettes sonnées à tue-tête, des enceintes techno montées sur cargo et de la fougue sur les bouilles des bougs et des zouzs défiant sur la route le joug des chars et autres magouilles à quatre roues.


L’instant fut bref mais la curiosité qu’il éveilla était débordante. J’appris peu de temps après que ce fleuve de bicyclettes était une masse critique, que celle-ci se déversait sur les routes des villes tous les derniers vendredis de chaque mois et que n’importe qui pouvait se mettre à l’eau.


Trente jours plus tard, c’était à mon tour de faire partie de la masse critique et j’en conserve des souvenirs qui resteront gravés en moi encore très longtemps. Le plus intense d’entre eux, c’est celui de la vue de boulevards et de rond points, habituellement occupés en majorité par des voitures et des camions, et qui l’espace d’un instant en étaient dénués, remplacés par une ribambelle de vélos.


L’euphorie m’accompagna tout au long du trajet et naissait du plaisir de rouler sur un espace démesurément grand, de ne plus me sentir menacé par la taille et la vitesse des autos et d’être libéré du vacarme assourdissant des moteurs vrombissants.


Cette expérience de la masse critique n’était pas unique et c’est ici à Montréal que je l’ai eu pour la dernière fois.

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