Je vais oser.
Je vais être franche et dire les inédits qu'on évite de dire à voix haute. Notre communauté solidaire de cyclistes est un lien serré et très fort et donc j'étouffe cette pensée souvent... mais le temps est venu, je dois m'exprimer franchement -comme on le fait lorsqu’un ami nous déçoit trop souvent et que le refoulement nous ronge de l'intérieur.
Accrochez-vous... je vais exposer notre plaie!
- La majorité d'entre nous ne respecte pas les codes des routes, ni les signalisations.
- On dit collectivement adorer faire du vélo, mais la plupart font la course pour faire leur trajet le plus rapidement possible sans lever les yeux.
Je suis dans la minorité à prendre mon temps et à savourer mon déplacement: à sourire aux piétons, faire des coucous aux enfants et rigoler à voir des chiens se renifler, dire pardon avec un sourire lorsqu’un piéton est inattentif, et je suis une des seules à respecter les signalisations. Et pourtant, j'avoue que même moi, s'il n'y a personne, je ralentis seulement au stop sans faire un arrêt complet.
Il y a plusieurs cyclistes impatients et même irritables, parfois même avec une confiance débordante et un sens de privilège.
Par exemple, je me suis déjà fait engueuler par un cycliste derrière moi parce que je m'étais arrêtée au stop pour laisser passer des piétons!
L'ironie, c'est que nos comportements et actions sont trop semblables aux reproches et accusations que l'on lance régulièrement aux automobilistes.
Il y a un mouvement anti-vélo et donc agir comme les automobilistes c'est nuire directement à notre cause.
Engueuler, donner le doigt d'honneur ou d'autres gestes agressifs à un automobiliste (lorsqu'il ne nous respecte pas) peut facilement dégénérer et devenir une situation dangereuse pour le cycliste concerné, mais aussi enflamme la haine et l'agressivité envers tous les cyclistes en général.
Notre agressivité n'encourage jamais les conducteurs à développer de l'empathie envers nous.
Nous avons besoin de leur compassion, afin qu'ils acceptent de partager la route avec nous, qu’ils respectent nos droits et qu'ils soutiennent le financement des infrastructures pour vélos.
Même si on sait que notre choix de vie (déplacements en vélo) est le meilleur, il faut être conscient de notre propre condescendance et attitude hautaine lors de nos échanges avec les automobilistes.
Le respect encourage le respect.
Alors soyons l'exemple pour les automobilistes!
Plusieurs d'entre vous n'y arriveront pas, mais je vous lance le Défi ''Cap Pas Cap'' / ''Dare you'' challenge.
Ceci n'est pas un défi simple, pour certains ça sera réellement impossible!
Allons-y :
- Respectez les codes de route en savourant le plaisir en vélo (exemple: respirer profondément et observer les petits bonheurs autour de vous pour la durée complète du feu rouge!).
- Souriez aux cyclistes, piétons, pigeons… et oui surtout aux automobilistes (ils en ont le plus besoin).
- Dites merci clairement avec un sourire chaleureux aux automobilistes qui vous laissent passer et qui vous respectent. -même s’ils ne font que respecter la loi.
- Arrêtez-vous complètement au stop lorsqu'il y a un piéton ou une auto (même si vous avez le temps de passer -sans arrêt - rapidement avant eux. Pendant cette pause, souriez à ceux que vous laissez passer).
- Et finalement, ralentissez pour apprécier vos déplacements, exercez votre patience, levez les yeux et souriez aux autres cyclistes, piétons et automobilistes que vous croisez. (vous avez le choix d'être le plus rapide ou d'être celui avec le plus de compassion).
Les armes les plus puissantes pour contrer la haine (du vélo) c'est de pratiquer le respect, la patience et la bienveillance... comme ce que l'on souhaiterait recevoir de la part des automobilistes.